Bolivie Pérou

Le Tand'aimer le Monde

Une lune de miel en tandem autour du monde...

Mercredi 10 décembre 2014 : « Oncle Sam, on arrive »

 

Il est minuit, dans une des nombreuses salles d’attente de l’aéroport de Lima, l’intensité des deux semaines qui viennent de s’écouler avec nos amis Jérémy et Jordane tend à se faire doucement effacer par l’excitation d’aller fêter Noël chez les « Ricains ».

- Les souvenirs intenses des rives du lac Titicaca (on dirait une mer intérieure)

- le stress du passage de la frontière bolivienne avec un douanier bâti comme un gorille qui nous dit « Ca va pas être possible ». Rassurez-vous, nous n’avions simplement pas le bon tampon d’entrée, et avec une petite amande, tout s’est arrangé…

- la conduite péruvienne (nous avions eu la bonne idée de louer une voiture) aussi palpitante qu’une partie sur Mario Kart,

- ou encore la majestuosité des ruines de la citée perdue inca du Machu Picchu,

- et enfin le quartier coloré de Barranco à Lima où nous avons eu la bonne surprise de pouvoir aller surfer quelques vagues et où il fait bon flâner en allant voir le coucher de soleil sur la plage.

 

Nous quittons donc l’Amérique du sud ce soir avec une étrange sensation : celle de se rapprocher un peu plus de chez nous, de nos familles et de nos amis, c’est une sensation peut être étrange mais bien agréable après tout, à cette période de l’année.

Nous vous souhaitons donc de Joyeuses fêtes de fin d’année et on vous retrouve l’année prochaine au pays de Marty Mc Fly et des resto « All you can eat » .

Hasta luego amigos.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lundi 1er décembre 2014 : KM 17383, ça sent les vacances de fin d’année…

 

Nous vous avions laissée sur cette fantastique traversée du désert du Sud Lipez en Bolivie et nous vous retrouvons aujourd’hui à La Paz où nous sommes depuis plus de deux semaines maintenant. Nous avons passé beaucoup de temps dans cette ville impressionnante, tout en pentes et où il est difficile de marcher sur le trottoir sans faire bousculer par la foule qui circule sans cesse.

Nos derniers kms entre Uyuni et la capitale nous ont fait passer par de jolies payasages et des villes assez sympathiques comme Potosi, avec la visite des mines d’argent, Oruro, capitale du folklore avec la journée d’ouverture du grand carnaval qui a lieu en Mars et qui rassemblent des fanfares et des danses folkloriques .

 

Nous avons bien profité de ses environs en allant explorer différentes Bolivie : 3 jours d’expédition en Amazonie pour aller observer les crocodiles, les dauphins d’eau douces et les piranhas dans une chaleur et une humidité étonnante, 3 jours d’expédition pour faire de l’escalade de glace et atteindre le sommet de la montagne nommée Huayna Potosi, culminant à 6088m dans un froid et une ambiance très hivernale. Incroyable!!

 

Pour faire bref et vous expliquer la suite de notre programme, nous sommes désormais à pied ! Le vélo et la remorque attendent sagement dans les coulisses de Lan Cargo pour être envoyés de la Paz à San Francisco, aux Etats Unis où nous le retrouverons fin décembre. Et oui, la compagnie aérienne qui nous fait faire le trajet Lima-Los Angeles n’accepte ni vélo, ni bagages plus gros que la norme, depuis le Pérou. Tant pis, on change de mode de voyage, on achète des sacs à dos et nous voilà en route pour le Pérou avec deux amis Sallanchard avant de rejoindre Los Angeles début décembre.

 

 

 

 

 

Dimanche 26 Octobre 2014 : La traversée du désert du Sud Lipez : notre petit Dakar à nous!

 

Après avoir traversé le Paso de Jama et ses nombreux autres cols interminables pour rejoindre San Pedro de Atacama au Chili, nous pensions avoir réalisé avec succès notre entrainement pour faire la route réputée par les cyclos comme la plus difficile d’Amérique du Sud. En même temps si on prend une minute pour considérer l’idée « Et si on traversait un désert à vélo ? », on se rend bien compte que ça peut être un peu compliqué. On s’attendait au pire, pensant que tout ce qui deviendrait facile serait cadeau et que les paysages seraient notre motivation. Nous ne pouvions pas imaginer que ce seraient les 8 jours les plus difficiles de ce tour du monde à vélo que nous vous racontons ici.

 

Dès le passage de la frontière entre le Chili et la Bolivie, nous quittons le bitume et le décor change. La voiture basique devient le 4X4 et le temps de déplacement se décuple. Sable, tôle ondulée, multiples pistes désastreuses prennent le pouvoir sur la vie quotidienne. Le douanier bolivien nous tamponne notre passeport tout en nous gratifiant d’un petit sourire, soit moqueur, soit qui voudrait dire « Z’êtes pas sortis de l’auberge mes cocos! ». Pour le premier soir, nous trouvons le refuge de Laguna Blanca, situé au pied du volcan Licancabur, où chaque jour des dizaines de personnes le grimpe pour atteindre son sommet à 5900m d’altitude. Nous rencontrons beaucoup de français d’ailleurs.

 

La deuxième journée nous conduira jusqu’aux thermes de Polques. Les premiers vrais mètres de sable sont une sacrée adaptation et une recherche constante de la meilleure voie pour pouvoir rouler. Voilà à peine une heure qu’on est partis et on a déjà poussé une dizaine de fois et fait déjà notre première chute. Le vélo n’en fait qu’à sa tête dans ce que nous nommons « les bac à sables pour enfants », et la remorque, qui pèse une tonne avec les 10 jours de nourriture qu’elle contient, dérape sur le côté et, nous avec!

 

Ok, on respire, on relativise, 10 jours dans une vie c’est quoi ?

 

On est accueillis le soir par une piscine d’eau chaude à 35°C, une vue magnifique sur la lagune et ses flamants roses et les propriétaires du restau très sympa qui nous laisseront dormir au chaud à condition d’être partis avant l’arrivée des premières jeeps de touristes : 6h.

 

JOUR 3 : La troisième journée est la pire, nous faisons 50kms de pistes très peu roulable, un col à 4927m d’altitude assez raide où nous pensons plusieurs fois être ENFIN en haut mais qui ne fait que remonter et redescendre pour mieux remonter. La descente vers la Laguna Colorado est sublime mais nous donne l’impression qu’une personne annexe nous donne des coups de pied aux fesses. Ah, nous avons oublié de dire que le vent est aussi de la partie tous les matins à partir de 10 heures, toujours au moins à 30km/h pas toujours dans le dos bien sûr. Nous arrivons le soir avec beaucoup de difficultés au refuge situé à un autre 7 kms après la descente où nous pousserons quasiment tout le long, vent de face, après une journée de 10h et la nuit tombante. Là on pense franchement que le Sud Lipez à vélo, c’était pas une bonne idée!

 

Le quatrième jour est plein de surprises, et heureusement! On commence par se faire offrir par la gérante, le petit déjeuner des touristes partis à 3 heures du matin pour leur tour, elle nous rajoute quelques pancakes en plus! Ensuite, au moment du repas, nous tombons sur toute une famille entrain de dépecer le lama, fraîchement égorgé et destiné au repas de midi. L’ambiance est très locale, Fanny sort ses livres pour les plus petits de la famille et nous partons avec un petit goût de lama dans la bouche. Les conditions sur la route ne sont pas mieux, les efforts sont toujours aussi éprouvants mais les moments sont magiques. Nous dormons le soir dans un camp pour mineurs. Le directeur nous offre le repas (au menu : riz, patate et œufs au plat) dans la cantine au milieu des mineurs boliviens qui s’amusent de voir deux blanc-becs faire parti du décor.

 

Jour 5 : cette journée nous montre la route la plus caillouteuse et désastreuse du séjour. Ah oui ça roule au moins mais ça secoue la nouille surtout! On entend la roue de la remorque faire des bons derrière. On se demande encore comment notre matériel a survécu à tant de chocs. La surprise du jour c’est Claude et Nicole, deux retraités français en camping-car qui nous offre le repas de midi dans un petit confort assez étonnant. Quand on ressort, on en a presque oublié où on était. Les 30kms restants sont du coup encore un peu plus pénibles, retour à la réalité pour rejoindre le village de Villamar où on trouve une douche chaude après 5 jours sans en avoir croisé.

 

La 6ème journée commence très mal, nous poussons l’embarcation qui à l’air de peser une tonne malgré les provisions qui diminuent, au moins 50 fois sur les 10 premiers kms. La fatigue de la semaine se fait bien sentir et nous sommes un peu à bout. On chute une 3ème fois cette semaine alors que ça nous pendait au nez depuis un moment depuis le matin. Heureusement que nous sommes deux pour nous remonter le moral et nous motiver l’un l’autre. Alors qu’il y avait entre 30 et 50 jeeps de touristes qui nous doublaient avant, nous sommes depuis deux jours sur une route plus locale donc personne à l’horizon. En même temps c’est pas mal parce qu’au moins quand on balance notre casque de colère au milieu de la route, ben ya pas de blessés!

 

Les deux derniers jours sont un peu moins compliqués, on retrouve une piste plus tassée et donc une vitesse d’avancée moins déprimante. Nous étions juste un peu inquiets par cette pluie qui est tombé toute la nuit et qui aurait peu nous donné ce joli calcul : Pluie + Sable = BOUE! Finalement, un coin de la route était plus sec. Il fallait juste un peu s’imposer pour que les voitures nous le laissent et ne nous oblige pas à aller glisser sur le côté.

On arrive enfin à Uyuni au bout de 8 jours et 430 kms d’efforts intenses, petite ville très touristique et départ de tous les tours en 4X4 pour le Sud Lipez. Nous y avons passé quelques jours de repos dont on avait bien besoin.

Aujourd’hui nous sommes encore entrain de réfléchir si la traversée du Désert du Sud Lipez en vélo ça vaut le coup ou pas. Les paysages ont été sublimissimes, mais nous avons été aussi un peu jusqu’à notre limite physique…

 

La suite : direction La Paz dans un mois où nous attendons avec impatience des invités surprises de chez Nous : Jérémy et Jordan qui viennent vadrouiller avec nous pour 2 semaines jusqu’au Pérou. Youhouuuuuu! ! !

 

 

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Ce qui est encore mieux, c'est de voir tout ça en images...