Chine

Le Tand'aimer le Monde

Une lune de miel en tandem autour du monde...

 

Date : Lundi 25 Novembre 2013 Lieu : Guangzhou, Chine Type de structure : Privée

Je vous présente ici la visite de structure la plus complète que je n’ai jamais réalisé jusqu’à aujourd’hui ! J’ai eu la chance de rencontré MJ et Cindy qui, par leurs connaissances et un coup de téléphone, m’ont permis de passer une matinée complète dans une structure d’accueil chinoise, et avec en plus Cindy comme traductrice. Le top, ou comment s’immiscer vraiment au cœur de la vie d’une jeune enfant chinois dans cette structure !

 

Horaires d’ouvertures : 7h30 - 16h30

Professionnels et formation : Les professionnelles sont de deux types, des aides-éducatrices qui n’ont pas de formation et qui aident pour le repas, les toilettes et assistent et des éducatrices qui ont trois ans de formation. Le jour où je visite, il y a un groupe d’étudiantes qui est ici pour observer le travail des éducatrices, elles prennent soigneusement notes et assistent à plusieurs leçons avec leur formatrice. Je demande s’il y a des hommes, ma traductrice me dit que les

Ratio adulte/enfants : il y a environ 20 enfants pour 3 professionnelles dans tous les groupes.

Ages des enfants : entre 2 ans et 6 ans, école à 7 ans. Il n’existe aucunes structures d’accueil en Chine pour les moins de deux ans, ils restent avec leurs grands-parents, ou parents. Par contre, pour les enfants qui ne vont pas en structure d’accueil avant l’école, les parents doivent leur apprendre à lire, écrire. Il y a à priori beaucoup de pression sur les parents pour que les enfants aient déjà des connaissances de bases avant l’entrée à l’école à 7 ans.

 

Rapport aux familles: une réunion au début de l’année pour expliquer le fonctionnement. Il y a aussi 2 fois par mois, une exposition pour les parents avec les arts plastiques et dessins des enfants. Autre aspect très étonnant : il y a des caméras de surveillance dans tout l’établissement, en cas de litiges, accidents ou autres, les parents peuvent demander à voir les enregistrements.

 

Activités pendants l’année : ce sont principalement des leçons de mathématique, de lecture, d’écriture. Il y a quelques activités plus ludiques : danse, sport, jeux dehors…les enfants doivent toutefois avoir des connaissances précises avant d’entrer à l’école. Comme cette structure est privée : il y a des activités en plus que les parents peuvent choisir pour leur enfants, ces activités représentent des coûts en plus de l’inscription.

 

Organisation de la journée : La journée commence toujours par de la danse, chaque groupe danse sur des morceaux de musique qui s’enchaînent : chacun sa place, précisions dans les gestes, dans les placements. Ensuite, il y a des leçons toutes les matinées de 9h à 11heures ! mathématiques, langues (le mandarin), apprentissage des couleurs pour les plus petits, etc… Repas à 11h, repos jusqu’à 14h30 puis jeux libres ou de nouveau leçons jusqu’à 16h30.

 

Repas et spécificités : Repas fait sur place. 3 repas par jour, un petit déjeuner, un repas principalement constitué de riz et un gouter composé de nouilles. Et les baguettes alors ? Les enfants commencent par utiliser une cuillère, l’utilisation des baguettes ne vient que vers les 4 ou 5 ans des enfants.

 

Agencement, aménagement de l’espace : Cette structure est dite de taille moyenne mais il y a 3 étages, une très grande salle d’accueil, une piscine l’été pour le groupe des 5-6ans, une très grande salle de jeux avec piscine à balle et petites voitures, une salle de musique, quelques salles en plus réservées au repas. Les salles de classes sont très spacieuses, une TV dans chacune, de long couloirs pour circuler.

 

Sommeil et spécificités : les enfants dorment dans la même pièce de vie que la journée, les éducatrices installent des lits. Le réveil est collectif.

 

Autres informations:

  • En Chine, de manière générale, il n’est pas forcément difficile de trouver une place en structure d’accueil mais surtout une structure de qualité. Malheureusement, la sélection est rude. De très nombreuses fois, l’accès est limité par les possibilités de paiements des parents. S’ils ont de bons moyens financiers, ils prendront la place d’autres qui sont plus limités. Aucunes subventions ne sont offertes par le gouvernement chinois que ce soit pour les structures publiques ou privées. Le coût moyen pour un enfant par mois est d’environ de 1300 Yuans, monnaie chinoise, (162 Euros) sachant que le salaire moyen dans cette ville est de 5000 Yuans (625 Euros) mais que certaines familles gagnent moins.

 

  • Les enfants portent des uniformes comme dans les écoles chinoises mais ce n’est pas dans toutes les structures d’accueil. L’objectif est « principalement de gommer les inégalités sociales dès l’enfance. » Propos recueillis pendant la visite.

 

  • J’assiste à deux cours, le premier se passe avec le groupe des plus petits, les 2-3 ans. C’est une leçon pour apprendre les couleurs. Les enfants sont assis chacun sur une chaise, sur deux rangées. Ils n’ont pas le droit de se lever et doivent lever la main pour parler. Deux aides-éducatrices replacent régulièrement les enfants qui se lèvent pendant le cours.

 

  • J’assiste aussi à un cours dit « plus occidental » me dit-on. Il n’y a cette fois ci ni tables ni chaises d’écoliers. Les enfants sont en rond autour de l’éducatrice qui leur présente un jeu, c’est un cours de mathématique. Les jeux proposés ressemblent fortement aux outils proposés par la pédagogie Montessori. L’éducatrice en propose deux, elle fait réciter les nombres aux enfants et en fait participer quelques uns. A la fin des deux jeux, l’éducatrice fera répéter les enfants « Chaque chose à sa place, quand on prend quelque chose à un endroit, on le range au même endroit ». Les gestes de l’éducatrice sont très précis, soignés, avec une lenteur visible. Une fois les deux jeux présentés, les enfants ont un temps libre pour choisir les jeux qu’ils souhaitent. Ils prennent chacun un tapis et font des va et vient pour explorer plusieurs jeux.

 

Anecdotes des visites : A la fin de la visite, la directrice me demande si j’aurai des conseils à donner à la structure pour qu’ils s’améliorent ! Je refuse bien entendu en répondant que ce n’est pas l’objectif de ma visite et qu’il n’y a rien à comparer à la France.

 

Ci dessous, je vous propose de visiter par vous-même cette structure et de vivre quelques moments dont je parle plus haut!

 

Bonne visite!

Acquisition de la propreté du jeune enfant chinois

Mais c’est quoi ce pantalon ? Mais il y a un trou non ?

Et bien oui ! Les couches ici ne font pas la loi et c’est le pantalon à fente qui règne sur l’acquisition de la propreté des enfants chinois. En effet, ce pantalon, ouvert depuis le haut des fesses jusqu’au haut de l’entre-jambe permet aux enfants de faire leurs besoins à tout moment. Les enfants apprennent ainsi très tôt à s’accroupir dès qu’ils ressentent le besoin de faire pipi, ou caca. Autre élément, les enfants sentent immédiatement sur leurs jambes le contact de leur pipi et ce serait la raison pour laquelle ces enfants seraient propres assez tôt. Lors de ma visite dans une structure petite enfance, je rencontre le groupe des 2 ans, aucun ne porte de couches ou de pantalon à fente. Pour certaines familles c’est une tradition, pour beaucoup d’autres, cela permet d’économiser de l’argent.

Le petit « hic » que cela peut poser pour nous : ici les enfants font leurs besoins n’importe où ! Sur les marches d’un hôtel, sur le trottoir, dans le train….. ! Et puis, qu’en est t-il pour l’intimité de l’enfant ?

 

Sécurité routière et e-bike

Comme vous le savez peut-être, le véhicule principal ici est le E-bike, ces mobylettes électriques qui composent le paysage de la Chine. Les enfants sont très tôt habitués à y être promenés. Oui mais comment me direz-vous, il n’y a qu’une place sur une mobylette non ? Pour les chinois, pas de problèmes, quelques fois ce sont jusqu'à 4 personnes assises sur la même machine! Les enfants peuvent être simplement dans les bras de l’adulte, sur un siège improvisé à l’arrière ou encore, debout entre les jambes de la personne qui conduit. Sur cette photo, l’enfant est assis sur un siège installé devant les jambes de la conductrice, et en plus, il dort !

 

 

 

 

 

Novembre 2013: Un petit tour chez Montessori à Pékin

 

En explorant un peu la Chine et en réalisant que la barrière de la langue m'enpêcherai peut-être de visiter une structure , je me décide à chercher des informations sur internet. Je tombe sur une information sympathique qui m’interpelle : une structure Montessori Sino-française vient de s’ouvrir à Pékin ! Une journée de train plus tard pour une escapade dans la capitale, je rencontre Julie qui me fait visiter son école et m’explique le fonctionnement de cette toute jeune structure, ouverte seulement depuis Septembre 2013.

 

Date : 28 Octobre 2013 Lieu : Pékin, Chine Type de structure : Montessori, privée Heure de la visite : 16h (pas d’enfants dans la structure)

Horaires d’ouvertures : 8-15h, des vacances non similaires avec les autres écoles.

Professionnels et formation :Il y a Julie, créatrice de la structure en collaboration avec une maman. Elle est éducatrice Montessori, issue de la formation américaine à Pékin, et elle a une collègue sans formation mais « qui fait preuve d’une douceur et d’une patience très appréciable. »(propos de Julie)

Ratio adulte enfants : 2 pour 6 enfants pour le moment

Ages des enfants : le plus petit à 2 ans, le plus grand 4

Rapport aux familles : proximité évidente entre ce petit groupe d’adultes, l’école rend principalement service aux familles du Hutong (petite rue pékinoise) de proximité.

Activités pendants l’année : le fonctionnement Montessori prime. Pour ceux qui ne connaissent pas, TRES globalement, la pédagogie Montessori permet à l’enfant d’évoluer à son propre rythme et d’expérimenter grâce à un matériel bien spécifique dont l’école dispose. Vous pouvez bien sûr trouver plus d’infos sur internet si vous le souhaitez. http://www.montessori.fr/ ou d’autres

Agencement, aménagement de l’espace : cf. photo, l’entrée de l’école est assez atypique, elle a été installée dans un appartement réaménagé et comporte 2 salles, une salle de bain, une cuisine et une cour intérieure.

Organisation de la journée : L’organisation reste imprégnée du système classique français et surtout de la pédagogie bien sûr. Activités le matin, dodo l’après midi et jeux en extérieur ensuite.

Repas et spécificités : C’est le père d’un des enfants qui fait la cuisine pour l’école, il tient un restaurant au coin de la rue.

Sommeil et spécificités : Rien de particulier.

« Dires » de celle qui me fait visiter : La mise en place de cette école à été une vraie aventure pour Julie et sa collègue, elle est au départ mise en place suite à une demande des familles de la rue. Les frais scolaires restent, au même titre qu’en France, une sacrée somme pour les familles et n’est pas abordables par tous.

Anecdotes des visites : A priori, la pédagogie Montessori constitue ces temps-ci une vraie « mode » à Pékin et de nombreuses écoles ouvrent en affirmant appliquer cette même pédagogie. Malheureusement, aucunes vérifications n’est faires par quiconque et ce n’est souvent pas le cas. A Pékin, de nombreuses personnes voient cela comme une éducation occidentale populaire.

Julie parle aux enfants en Français alors que sa collègue leur parle en Chinois, les enfants sont presque tous issus de parents de multiples nationalités et parlent français et chinois.

 

Ma rencontre avec Julie et la visite de cette structure était bien sympathique, c’est aussi bien d’apprendre des éléments de la culture chinois au quotidien du point de vue d’une personne extérieure, autrement dit ici, une autre française ! Maintenant, j’ai hâte d’aller visiter une structure plus chinoise pour voir ce qui se passe dans la vie des jeunes chinois accueillis !

 

 

La Chine et la politique de l’enfant unique

Comment visiter la Chine et ne pas parler un peu de cette restriction dont nous avons tous entendu parler mais que nous ne connaissons peut être mal ??

Je profite de mon passage dans ce beau et grand pays pour en parler un peu. Les jours que je passe au milieu des habitants, faisant quelques observations, sont assez explicites. Que ce soit en campagnes ou en villes, j’observe qu’il y a peu d’enfants dans les rues, que les petites mobylettes électriques, nombreuses en Chine, qui partent de la sortie des écoles ne comptent qu’un enfant à l’arrière.

 

Cette politique, qu’est ce que c’est ?

L’interdiction d’avoir un deuxième enfant a été mise en place il y a déjà plus de 30 ans. (En 1979) Un seul enfant par couple n’est autorisé pour les chinois d’origine ethnique « Han », (les autres minorités ethniques de la Chine n’étant pas concernées.) L’objectif principal de cette politique était de freiner la croissance de population chinoise. Mais aussi « d'assurer au peuple chinois une vie relativement confortable n'aurait pas pu être réalisé si nous avions quatre cents millions de personnes supplémentaires ». Propos de Zhang Weiqing, responsable de la commission nationale de la population et du planning familial.

Sanctions pour les familles en cas de non-respect

Autrefois, les parents qui ne respectaient pas la loi et avaient plus d’un enfant, comme c’était le cas en campagne, s’obligeaient à payer une amende de 40 000 Yuans par enfant nés après le premier, (soit environ 5000 euros) en plus du manque de subventions pour les frais de scolarités de la part de l’Etat. Depuis 2002, la politique permet la naissance légale d'un deuxième enfant à condition de payer une amende de 5000 yuans. En outre, dans le cas de naissances hors mariages, les amendes apparaissent et les subventions scolaires disparaissent.

Récemment, certaines avocates se sont réunies pour dénoncer ces amendes dont le gouvernement tait leurs utilisations.

Artcile sur le travail de ces avocates

 

Conséquences ?

Cette restriction a longtemps conduit à de terribles actes tels que la stérilisation forcée des mères, l’abandon ou l’infanticide des filles ou encore l’alimentation des réseaux de prostitution dans le pays. Face à ce constat, et en faveur des populations rurales, en 1984, la politique donne la permission d’un deuxième enfant si le premier était une fille. En effet, en plus d’une main d’œuvre importante pour le travail en campagne, les assurances vieillesses sont quasiment inexistantes en Chine rurale, c’est le fils de chaque famille qui doit entretenir ses parents. Une fille ira entretenir sa belle famille et non la sienne.

Aujourd’hui, la politique de l’enfant unique passe aussi par la mise en place d’un âge minimal pour fonder le mariage, 20 ans pour les femmes, et 22 pour les hommes. Le gouvernement espère ainsi freiner la formation des ménages et diminuer la période de fécondité !

D’autre part, pensons y une seconde. Un enfant chinois qui naît aura peut être 8 arrière-grands-parents, 4 grands-parents, 2 parents, aucun frères et sœurs, jamais un neveu ni une nièce. Tout ce monde, toutes ces attentions, toutes ces concentrations sur un seul enfant ? Quelles conséquences peut-il y avoir sur l’éducation reçue ?

 

Actualités :

L’état des lieux aujourd’hui révèle que la population chinoise et vieillissante et que la main d’œuvre diminue de la même façon. Aussi, les hommes chinois auraient du mal à trouver des épouses puisqu’il existe maintenant une inégalité conséquente entre les sexes.

En mai dernier, une rumeur courait sur le fait que la politique de l’enfant unique serait entrain de changer. D’abord, les chinois tendent vers plus de libertés individuelles et certains parents ne respectent pas la restriction en lutte contre cette politique. Aussi, la commission nationale de la population et du planning familial chinois étudient différentes propositions afin de lever l'interdiction d'avoir un second enfant, dans le cas où l'un des deux parents serait enfant unique.

Lire l'article du Monde